Quel que soit l’aspect clinique des granulomes, ils peuvent apparaitre très longtemps après l’injection (jusqu’à 20 ans, voire plus)

I - CLINIQUE

  • Nodule cutané dur souvent violacé
    • Indolore ou peu douloureux
    • Apparu sur sites injectés,
    • Non ou peu extensif
    • Plusieurs mois ou années après injections d’un produit non déterminé apparemment non dégradable (enquête difficile)
    • Avec ou sans poussées inflammatoires plus ou moins fréquentes
  • Parfois zone infiltrée, indurée et granulomateuse
    • Sensible
    • Subissant des poussées inflammatoires et œdémateuses
    • A tendance extensive
  • Exceptionnellement ulcération lèvre et menton

II- HISTOLOGIE

En règle générale, infiltrat inflammatoire histiocytaire et gigantocellulaire

  • Granulome de type vacuolaire et micro-kystique (silicone liquide)

Granulome mal limité car diffusion à partir du point d’injection, macrophagique avec micro macrovacuoles. Les cellules géantes sont rares avec des vacuoles périphériques donnant un aspect en « marguerite ». Il existe des pseudokystes, ainsi que quelques lymphocytes, plasmocytes et parfois une fibrose fibroblastique. Le matériel est non réfringent en lumière polarisée.

  • Granulome de type classique (particules solides ou gels)

Nodule mieux circonscrit avec un granulome composé d’histiocytes macrophages et de cellules géantes entourant le corps étranger. C’est le « granulome à corps étranger » exogène.
L’identification du produit se fait selon sa couleur, sa forme, irrégulière ou non, réfringent ou non en lumière polarisée.

Plus précisément :

  • Les granulomes aux polyméthylmétacrylates (PMMA) contiennent des microsphères de taille identique, ronds de 30 à 40 microns, transparents et non réfringents.
  • Hydrogel acrylique : les corps étrangers sont des particules polygonales, irrégulières, de taille différente, translucides, rose plus ou moins pâle, non réfringente en lumière polarisé.
  • Le silicone solide : les corps étrangers sont des particules de 100 à 600 microns de diamètre, de forme irrégulière, en « pop corn », transparentes, non réfringentes, cernées de cellules géantes, émettant de fines projections dans les espaces micro kystiques.
  • Gel de polyacrylamide : réactions granulomateuses, peu fréquentes, fortement nécrosées.

Texte rédigé par le Dr Annick Pons-Guiraud

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